Quand on observe une plaque française, on s’attend à voir un code départemental composé uniquement de chiffres. Pourtant, les plaques d’immatriculation corses 2A 2B dérogent à la règle : elles affichent une lettre. C’est la seule exception en France.
Ce détail intrigue beaucoup de conducteurs, et encore plus les passionnés de plaques. Pourquoi ce choix ? D’où viennent ces identifiants ? Et pourquoi n’ont-ils jamais été remplacés malgré les évolutions du système d’immatriculation ?
Dans cet article, on revient sur l’origine de 2A et 2B, leur rôle aujourd’hui, et tout ce que vous devez savoir sur cette particularité unique en France.
1. Retour en arrière : quand la Corse n’avait qu’un seul numéro
Pour comprendre l’existence de 2A et 2B, il faut remonter avant 1976.
À cette époque, la Corse n’était pas divisée en deux départements. L’île formait une seule entité administrative, et son numéro officiel était 20. C’était simple et aligné avec le système national, qui attribuait un numéro à chaque département.
Mais en 1976, tout change. Le gouvernement décide de scinder la Corse en deux départements afin d’améliorer l’organisation locale :
- Haute-Corse au nord,
- Corse-du-Sud au sud.
Il fallait donc donner un identifiant à chacun de ces nouveaux départements.
2. Pourquoi ne pas attribuer deux nouveaux numéros ?
On pourrait se dire que la solution la plus logique aurait été de donner deux nouveaux numéros à la Corse, comme cela a été fait pour tous les autres départements.
Sauf que, en 1976, les numéros n’étaient pas choisis librement : ils suivaient l’ordre alphabétique des noms des départements.
Le numéro 20 était déjà attribué à la Corse.
Mais juste après venaient :
- 21 → Côte-d’Or
- 22 → Côtes-d’Armor
- 23 → Creuse
- etc.
Si on avait donné les numéros 21 et 22 aux deux nouveaux départements corses, cela aurait obligé à modifier tous les numéros de tous les départements suivants dans l’alphabet.
Ce changement aurait entraîné un véritable chaos administratif :
- Plaques à changer,
- Cartes grises modifiées,
- Archives à réécrire,
- Fichiers officiels à mettre à jour,
- Panneaux routiers à remplacer.
À l’époque, sans informatique moderne, cette opération aurait été extrêmement coûteuse et complexe.
L’État devait donc trouver une solution qui évite de toucher à tout le pays.
3. La solution choisie : garder le “2” et ajouter une lettre sur les plaques d’immatriculation Corse
Pour éviter de modifier la numérotation nationale, une idée simple est retenue :
on garde le “2” de l’ancien numéro “20”, mais on ajoute une lettre pour différencier les deux nouveaux départements.
C’est ainsi qu’apparaissent :
- 2A pour la Corse-du-Sud,
- 2B pour la Haute-Corse.
La lettre A pour le premier, B pour le second : une façon logique et facile de distinguer les deux zones sans bouleverser le système.
Ce choix a permis :
- De conserver l’identité historique du chiffre “2” pour la Corse,
- D’éviter une modification massive dans toute la France,
- De créer une distinction simple entre les deux départements.
4. Une exception qui existe toujours sur les plaques d’immatriculation, même avec le SIV
Tout d’abord, en 2009, la France adopte le SIV (Système d’Immatriculation des Véhicules). Ce nouveau système instaure le format que nous connaissons aujourd’hui, AA-123-AA, dans lequel le numéro de département n’a plus aucun lien direct avec l’immatriculation.
On aurait alors pu penser que cette réforme marquait la fin des identifiants 2A et 2B. Pourtant, il n’en est rien. Ces codes restent bien visibles sur les plaques.
En effet, dans la bande droite de la plaque, où figurent le numéro du département et le logo de la région, les codes 2A et 2B ont été conservés. La raison est simple : au fil du temps, ces identifiants sont devenus une véritable marque d’identité pour les Corses. Dès lors, il n’était pas envisageable de les supprimer.
5. 2A et 2B : plus que des codes, un symbole pour les Corses
Avec le temps, les identifiants 2A et 2B sont devenus bien plus que de simples marqueurs administratifs.
Pour beaucoup d’habitants de l’île, ils représentent :
- Un attachement culturel,
- Une fierté locale,
- Une histoire particulière.
On voit même parfois des automobilistes du continent choisir volontairement 2A ou 2B comme identifiant sur leurs plaques, simplement parce qu’ils aiment la Corse ou qu’ils veulent afficher un symbole qui leur parle.
6. Peut-on choisir 2A ou 2B si on ne vit pas en Corse ?
Oui, c’est tout à fait possible.
Depuis le SIV, chaque conducteur peut choisir librement le numéro de département affiché sur la bande droite de sa plaque, peu importe son lieu de résidence.
Ainsi, on peut habiter à Marseille, Lille ou Toulouse et rouler avec une plaque 2A ou 2B, tant qu’elle respecte les règles d’homologation :
- Numéro de département officiel,
- Logo de la région,
- Plaque conforme,
- Marquage réglementaire.
Les identifiants 2A et 2B sur les plaques d’immatriculation corses ne sont pas un hasard. Ils existent parce que la Corse a été divisée en deux départements en 1976, et que l’État devait trouver une solution qui ne modifie pas toute la numérotation française.
Ajouter une lettre au chiffre “2” a été la solution la plus simple, la plus efficace et la plus respectueuse de l’histoire.
Aujourd’hui, ces codes sont devenus de véritables symboles. Ils font partie de l’identité de l’île et continuent d’apparaître sur les plaques modernes, même si le système SIV a changé la manière d’immatriculer les véhicules.
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